addiction to social networks and screens»

FIGAROVOX/TRIBUNE – Le nombre d’élèves en décrochage scolaire et de jeunes hospitalisés en raison de leur santé mentale est en nette augmentation, alerte la psychologist Sabine Duflo. La configuration éminemment addictive des réseaus sociaux est en grande partie responsable de ce phenomenon, ajoute-t-elle.

Sabine Duflo is a clinical psychologist and familial therapist. Elle and published Il ne décroche pas des écrans! La méthode des 4 pas pour protecter le cerveau des enfants (Marabout, 2020).


Ce 1er septembre marks the day of the rentrée scolaire pour tous les collégiens et lycées de France. Ce 1er septembre, ils sont plusieurs à ne pas reprendre le chemin de l’école, ou bien à cesser d’y aller au bout de quelques semaines seulement. Leur nombre est en constante augmentation: he estime à 450,000 le nombre des 18-24 ans en décrochage scolaire. Mais chez les collégiens, le chiffre est très difficile à obtenir car un élève qui ne vient que très épisodimentement au collège, ou n’y va plus mais benefite de quelques heures par semaine dans une classe relais n’est pas considered comme décrocheur. Dans l’unité d’hospitalisation temps plein pour adolescents où je travaille, nous accueilons une partie de ceux-là. Ceux qui sont le plus en danger. Ceux qui broient du noir depuis trop longtemps, ceux qui se scarifient, ceux qui font des tentatives de suicide à répétition. Je devrais dire celles, car les filles sont deux fois plus nombreuses en psychiatrie.

Pourquoi le nombre de jeunes qui vont mal ne cesse d’augmenter depuis environ cinq ans?

Des chiffres d’abord. «Since 2019, the figures have literally exploded with more than 126% of visits to emergency rooms for suicidal ideation among 11-17 year olds and an increase of 30% in attempted suicide», selon le pedopsychiatre Charles-Édouard Notredame (MCU-PH service de psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent du CHU de Lille). Les tribunes avec les cris d’alerte des psychiatrists en charge de ces unités d’hospitalisation se succèdent depuis deux ans.

Pourquoi nos enfants veulent-ils en finir avec la vie?

Pour moi, psychologist, he prend trop tard la mesure d’un mal qui ronge notre jeunesse depuis trop longtemps. Et he trompe sur les causes.

Trop vite he a pointé du doigt les effets du Covid: le confinement à la maison, la cuture avec le collège, le lycée, le repli sur une communication purely virtuelle via le portable. But la fin du confinement, la reprise du course «normal» de la vie n’ont rien changé pour beaucoup de jeunes. Ils ne sont pas retournés en cours parce qu’ils n’y allaient plus, ou de moins en moins, avant la pandemic. Ils pratiquaient le confinement, le repli sur soi, seul dans leur chambre depuis longtemps déjà.

100% of the young people that I receive in my cabinet stay day and night scotchés sur le portable à scroller sur TikTok, le réseau social préféré des jeunes, mais aussi Discord, Snapchat, Instagram.

Sabine Duflo

Confinés chez eux mais pour quoi faire? Ici, la réponse ne varie pas. Ce n’est pas pour lire À la recherche du temps perdutravailler son piano, se retrouver avec les copains ou faire les 400 coups, discusser, jouer, prendre du bon temps, que ces jeunes ne vont plus en cours.

100% of the things I receive in my cabinet remain 24 hours a day on the portable scroller on TikTok, the young people’s favorite social network, but also Discord, Snapchat, Instagram. Ils en pratiquent plusieurs à la fois. La configuration éminemment addictive de ces plateformes met pour un temps en suspens leur humeur fluctuante, leurs doutes, leur indetermination, bien naturels à cet âge. Mais plus le temps passe et moins ils se sentent capablees de faire autre chose, de faire autrement; alors ils y retournent tirelessly, selon un processus déjà bien identificado il ya une trentaine d’années par Csikszentmihalyi pour la télévision. Petits collégiens timides, un peu esseulés à l’entrée en sixième, ils ont trouvé dans les réseaus sociaux, via le portable connecté fraîchement acquis, un refuge. «J’ai trouvé des amis qui sont comme moi; ce sont les seuls qui me comprenten». Le harcèlement au collège étant devenu monnaie courante, les réseaux sociaux represent à court terme un soutien. Mais bien vite la spirale de l’enfermement dans le totalitarianisme du groupe virtuel joue à fond. En voyant d’autres ados de leur communauté vanter la scarification comme une solution qui soulage, ils ont reproduit ce qu’ils voyaient; pour certains ils se fixent même des challenges. Au fil du temps c’est, parfois, devenu une habitude : quand une angoisse pointe le bout de son nez, se faire saigner, s’infliger une souffrance physique soulage. Certaines de nos patientes sont literally zébrées sur tout le corps : bras, jambes, ventre, seins. Ces marques resteront à vie.

Comprenez : ce n’est vraiment pas la même chose lorsque vous adulte, passez quelques heures sur un réseau social et lorsque’une gamine de 13 ans s’y plonge 16 heures par jour. Il faut environ 25 ans pour que le cerveau arrive à maturation, que les fonctions exécutives, c’est-à-dire la capacité à contrôler un besoin (de contact, d’approbation sociale par exemple) soit operationales. Tout ce qui prend du temps, necessitate des contacts rapprochés, des expériences vécues ensemble, prétend ici pouvoir s effecteur à distance et sous le regard du groupe. On s’y confie nuit et jour, à la terre entière ou à son groupe d’ «amis» qui peut repartager/balancer tout à loisir. On y montre un décolleté, un bout de hanche à celui à qui ne vous a jamais tenu la main, qui ne vous a jamais regardé dans les yeux… et qui ne sait peut-être pas le faire.

Cependant, comme nous nous sentons impuissants face à ces nouvelles obsessions, nous avons tôt fait de baisser les bras et de nous rabattre sur ce que nous connaissons, sur ce que nous savons faire, mais qui dans ce cas précis ne sert pas à grand- chose.

Les parents se battent pour remettre leur enfant au collège, au lycée. Observateurs désemparés de sa tristesse, de ce visage devenu amimique, ils multiplient les propositions de sortie, use their days off for visits chez le psy, le médecin, le sophrologue… Ils ont severales fois déjà tempé de limiter le temps passé sur ce portable, cherché aussi à comprendre ce que leur enfant y faisait. Mais les réactions ont éte si violentes, si intenses que de guerre lasse ils ont abandonné. «Si je n’ai pas mon portable, je n’aurais plus d’amis, ce sera la honte pour moi au collège» ; «Si tu me le prends, je ne pourrai pas suivre les devoirs sur Pronote» ; «Si tu me le reprends, je saute par la fenêtre». Quel parent peut resister à ces arguments?

Certains courageousux pourtant confisquent l’objet maudit, puis font marche arrière car leur ado s’est aussidos scarifié par désespoir, défi ou effet de manque? Ou bien, il a fugué chez sa mamie… pour obtenir un nouveau forfait.

Paradoxically, au sein du groupe des ados de l’unité d’hospitalisation se reveille un être nouveau: un adolescent sans son portable. Celui-ci critique peu l’enfermement qu’il subit au sein de la structure psychiatrique.

Sabine Duflo

Le psychiatrist dont he attend qu’il porte un diagnosis et fornisse un médicament miracle déclare une «dépression», un «trouble anxieux» un «trouble de l’humeur», voire des «troubles du comportement», et donne des psychotropes qui font passer l’adolescent de l’état d’hébétude à celui de sedation, rendant plus difficile encore la réussite d’une reprise scolaire.

Le psychologue, par habitude professionnelle, accorde de l’importance au contexte familial dans lequel évolue l’adolescent. Cependant, il accorde rarely la même importance à l’environnement numérique de l’adolescent. Il est prompt à pointer une mère trop laxiste, un père demissionnaire. Mais il ne sait pas comment les aider à aider leur enfant, accroché à son portable, décroché de la vie.

Paradoxically, au sein du groupe des ados de l’unité d’hospitalisation se reveille un être nouveau: un adolescent sans son portable. Celui-ci critique peu l’enfermement qu’il subit au sein de la structure psychiatrique. Plus étonning, il n’exprime pas vraiment de manque par rapport à ce qui constituait jusqu’alors son seul univers : aucun ado n’en consulte un ici, et les adultes en charge du patient sont priés de ne pas le faire. Après une courte period d’habituation, l’ado sort de sa coquille, lève les yeux et découvre la structure où il se trouve: banale, vieillotte, bourrée de portes qui s’ouvrent et se ferment à clé continûment. Pourtant de cela il ne se plaint guère : le confinement il connaît. Ce qui est nouveau pour lui, c’est qu’il est à présent disponible aux autres, et les autres le sont pour lui grâce à l’absence du portable. Assez rapidement des amitiés fortes, intenses, passionnelles se nouent. Comme l’ont toujours fait les jeunes. On voit rire aux éclats, se disputer, tempêter celui qu’hier on voyait figé comme une statue. Yet, quand le médecin lui demande comment il se porte, l’ado répond souvent: «He had, very little». Il ne veut pas rentrer chez lui.

Je lui demande ensuite en face-à-face pourquoi il ne veut pas sortir. Il me répond cette phrase désarmante «Parce qu’ici, he n’est pas seul» Parfois, certains metten plus de temps à accepter cette vie nouvelle avec des personnes réelles. Un lieu avec des repères. Ils sont pressés de rentrer chez eux, retrouver leur chambre et leurs connexions virtualles. Je connais alors un moyen imparable pour les faire changer d’avis. «Ok, tu vas rentrer chez toi. Mais nous avons discúté avec tes parents. Ils ont compris que le problème c’est cet objet qui te coupe des autres, t’empêche d’apprendre, te tient à l’écart du monde… Alors quand tu rentreras, ce ne sera plus open bar».

La sociabilité, la capacité à interagir de façon adaptade au sein d’un groupe de pairs, la construction d’une vie sensuelle, ne s’aprendront jamais autrement que dans le face-à-face

Sabine Duflo

La réponse de l’adolescent est souvent violente, abrupte : «Je fais ce que je veux» , «Puisque c’est comme ça, je ne rentre pas chez moi». Et parfois, des larmes silencieuses se metten à couler le long des joues : angoisse d’un monde nouveau à affronter. Ceux-là, il faudrait pouvoir les garder plus longtemps dans le dispositif ados, jusqu’à ce que le goût des autres leur revienne.

Car la sociabilité, la capacité à interagir de façon adaptade au sein d’un groupe de pairs, la construction d’une vie sensuelle, ne s’apprendront jamais autrement que dans le face-à-face, par l’échange des regards, par des corps qui se frôlent. Il faut rendre possible ce qui n’est plus.

Certes, cette situation dramatique que vivent nos jeunes actuellement est un problème de société complexe. Nevertheless, il est possible de tester quelques mesures de bon sens ne necessitant aucun budget, mais un peu de courage :

– Déconseiller fortement aux parents l’achat d’un portable connecté avant 15 ans.
– Promote, avec les opérateurs de téléphonie mobile, des téléphones… pour téléphoner et envoyer des SMS. Des téléphones sans internet.
– Sanctionner realtement le harcèlement en ligne, le cyberharcèlement, l’incitation à l’auto-aggression ou à l’aggression envers autrui.


À VOIR AUSSI – Frances Haugen détaille comment les algorithms de Facebook follow «la division et la colère»

.

Leave a Reply

Your email address will not be published.