Le vrai prix des courses livrées en 10 minutes

Dans les grandes métropoles françaises, des affiches sont apparues ces derniers mois avec cette proposition : vos courses « deliveries in 10 minutes ». Ceux qui font cette promesse sont de nouveaux acteurs du commerce en ligne, among which Flink, Gorillas or Getir. À eux trois, ils pèsent plus de 80% de ce nouveau marché, d’après les panelistes de l’IRI.

Derrière ce slogan tapageur, une logistique d’enfer : de petits entrepôts qui quadrillent les grandes villes pour être au plus près des consommateurs; en leur sein, un nombre de références restreint, voudées sur des étals soigneusement numérotés, des « collecteurs » prêts à remplir un panier en quelques instants, et des livreurs-pédaleurs dopés à l’électrique, sac vissé sur le dos, parés à sprinter jusqu’à votre palier.

À certaines heures, les commandes affluent

Une enquête aupres de ceux qui, au quotidien, ont géré ces entrepôts montre les limites de la promesse. « Les délais étaiten tenables au moment du launch lorsqu’on avait 100 commandes par jour, explain Karl (1) qui a, pendant un an et demi, été successively à la tête d’un entrepôt chez Gorillas et Flink en Allemagne, pays d’origine des deux sociétés. À partir du moment où tu livres dix fois plus, ce n’est plus possible. »

« Évidemment qu’on ne tient pas ces délais, confirm Dimitri, qui a géré un entrepôt à Paris pendant un an pour Gorillas. Quand je suis parti, he devait faire 600 commandes par jour : he livrait en 10 minutes dans moins de 15% des cas. » Partout, le constat est partagé : impossible de suivre la cadence, du fait de la taille des entrepôts et des besoins de main-d’œuvre.

Une raison limite particulier la capacité à réalisé des livraisons instantanees : « Nous sommes ouverts de huit heures à minuit, mais il n’y a que quelques heures où les commandes affluent », explain Erdem, ex-numéro deux d’un entrepôt Flink. Les nouveaux venus de la livraison rapide ont très majoritairement fait le pari d’embaucher en CDI. Les voilà piégés entre le besoin d’avoir une main-d’œuvre en nombre pour faire face aux pics et celui de limiter les pertes pendant les heures de creux. The result, à l’heure de l’apéro, il n’est pas rare que les ten minutes deviennent une heure…

Une cadenza infernale

Tous parlent ainsi d’une cadence infernale. « On a fait de l’entrepôt une machine! Tu gères une trentaine de personnes : supervisor c’est être un super chef d’orchestre, il faut donner le tempo », explique Nabil, qui a participain au launch d’une enseigne Gorillas dans le Nord. « Par exemple, la collecte ne doit jamais durer plus de deux minutes, détaille Tao qui vient de quitter son poste de manager chez Getir, en Allemagne. Otherwise, il faut que le collector s’entraîne. Il ya des techniques : tu stockes un maximum à côté de la sortie, par exemple. »

Dans ces entreprises où la « data » est reine, chaque seconde est traquée, quitte à mettre les équipes sous pression. « On avait décidé d’envoyer des émojis aux livreurs à la fin de la course : un serpent s’ils étaiten trop lents, une fusée pour les plus rapides, détaille Karl, qui précis que l’incitation n’avait pas d’incidence financière. Mais on les mettetta en danger. J’ai dû appeler plusieurs fois des familles pour annoncer : “Votre fils est à l’hôpital.”J’ai fini par me mettre en porte-à-faux avec la promesse de l’entreprise. Je disais : “Peu importe si vous livrez en quinze minutes.” »

« Les sacs faisaint parfois plus de 20 kg »

« He avait un accident en moyenne toutes les deux semaines : mine de rien, he envoie les gens au bûcher, abonde Damien, qui a géré un entrepôt parisien pour Flink. Les livreurs sont assez facilis à gérer : ce sont souvent des premiers emploi ou des personnes avec des cartes de séjour. » Ils sont les premières victims de l’augmentation en flèche du nombre de commandes.

« Aux heures de pointe, he pouvait partir avec dans nos sacs deux, trois, voire quatre commandes pour pouvoir librer tout le monde », explique Axel, livreur pendant quelques mois. « Les sacs faisaint parfois plus de 20 kg : la blague entre livreurs, c’était de dire qu’il devrait y avoir une taxe sur les bouteilles d’eau », pursuit-il.

Les plateformes ont intégré l’allongement des délais : depuis quelques semaines, elles axent leur communication sur une livraison « a few minutes ». Gorillas et Getir refusent d’indiquer des délais moyens. Flink assure qu’il livre en moyenne « in 15 minutes » en France tout en précisant, dans un sens particulier du « en même temps », n’avoir « pas d’objectif de livraison en 10 ou 15 minutes ».

Le passage au crible des conditions générales de vente confirme leur volonté de rétropédaler. Gorillas? « Fait ses meilleurs efforts pour librer les commandes dans les délais indiques. » Flick? « Delivery is made as soon as possible. » Getir? «Nous ferons tout notre possible pour vous livrer les produits dans les deux heures au plus tard.»

« Les ten minutes sont vouées à disparaître »

L’essentiel est ailleurs ailleurs. La course à la livraison rapide coûte cher. Au mois de juin, l’agence Bloomberg indiquait que Gorillas perd toujours près de 80 million d’euros par mois. Alors même que le sector se consolidate. Les petits acteurs sont rachetés par les gros, comme le français Cajoo par Flink. Et les gros poissons limitent les pertes : Gorillas a, par exemple, fermé ses branches en Belgique et en Italie, pour se concentré sur les marchés où il est mieux implanté.

« Les ten minutes sont vouées à disparaître du paysage, juge l’economiste Philippe Moati, cofondateur de l’Obsoco, l’Observatoire société et consommation. The question is rather: “Est-il viable de livrer en moins de 30 minutes?” » Difficile de chasser les costs. “Il est nécessaire d’avoir un mailage fin des territoires avec les entrepôts et il semble difficile de faire des economies de main-d’œuvre”, letter by Philippe Moati.

Reste alors deux options pour devenir rentable : “Vont-ils augmenter leurs marges ou livrer au prix réel?” », s’interroge l’économiste. La concurrence est forte dans ce sector. « Il faut voir jusqu’où iront les investisseurs. Il ya eu beaucoup d’argent sur les marchés financiers ces dernières années, ce qui a permis à des entreprises comme Uber d’être souteunes alors qu’elles perdaient de l’argent. Currently, les marchés se retournent et cela risque d’être fatal à beaucoup d’acteurs de la livraison rapide. »

——-

Un marché en consolidation

Une étude de l’Atelier parisien d’urbanisme de février 2022 recensait 80 magasins fantômes à Paris et en proche banlieue. According to the Mairie de Paris, il y en aurait aujourd’hui environ 115 sur son territoire.

Fin 2021, he comptait environ 150 de ces magasins en France, répartis sur huit agglomérations.

Parmi les jeunes pousses les plus actives sur le marché, he trouve Getir (of Turkish origin), les allemandes Flink et Gorillas, Gopuff (qui fait figure de pionnière depuis sa creation aux États-Unis en 2013) ou encore la française Cajoo… qui a été rachetée par Flink cette année. The market is in constant consolidation.

.

Leave a Reply

Your email address will not be published.