Les choix culture du « Point »: kung-fu dans le multivers ou rencontre avec Marylin?


Se mettre à l’heure américaine

Témoin et porte-parole de la vitality de la production indépendante outre-Atlantique, le Festival du cinéma américain de Deauville, dont Le Point est partner, present pendant dix jours pas moins d’une cinquantaine de longs-métrages, onze avant-premières et trois films sélectionnées au Festival de Cannes, dont la palme d’or, le décapant Sans filter, du réalisateur swédois Ruben Östlund (en salle le 28 septembre). Pour cette 48E édition, the jury – chaired by the director Arnaud Desplechin, surrounded notably by the Algerian writer Yasmina Khadra and the actress Marine Vacth – doit départager treize films en competition, dont huit premiers. L’événement du Festival est la venue sur le tapis rouge de l’actrice d’origine hispano-cubaine Ana de Armas, tête d’affiche de Blonde (sur Netflix, le 23 septembre), d’Andrew Dominik, tiré du best-seller de Joyce Carol Oates, qui a imaginé la vie de Norma Jean Baker, alias Marilyn Monroe.

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Remarquée dans une séquence sexy du dernier 007, Mourir peut attendreelle sera couronnée par le prix du Nouvel Hollywood, tout comme l’actresse américaine Lucy Boynton (Le Crime de l’Orient-Express, Bohemian Rhapsody) et Thandiwe Newton, héroïne de la série Westworld et actrice fétiche de Ron Howard, de Xavier Dolan et de Roland Emmerich. De son côté, Jesse Eisenberg (The Social Network, Batman v Superman : l’aube de la justice) will receive a Talent Award and present his first film as a director, When You Finish Saving the World, qui suit les relations tumultueuses entre une mère dévouée et un fils adolescent ultranarcissique. Finally, the section “Les Docs de l’oncle Sam” will host nine documentaries, among which Belushi, who recalls the brief career of John Belushi, who died in 1982 at the age of 33, two years after the premiere of Blues Brothers de John Landis, en 1980, à Deauville.

Festival du cinéma américain de Deauville, du 2 au 11 septembre.

S’adonner au kung-fu dans le multivers

Alert phenomenon! D’ores et déjà presented comme « le Matrix des milléniaux », Everything Everywhere All at Once a pris tout le monde de court aux États Unis. Le micro-blockbuster indépendant, realized by trentenaires Dan Kwan and Daniel Scheinert, connaît un inattendu et glorieux destin depuis sa sortie dans les salles américaines, le 25 mars dernier. Portée par une critique et un bouche-à-oreille extatiques, cette fantaisie, au carrefour du soap familial, du kung-fu et du film de multivers, s’est infiltrée illico dans le top 10 du box-office, qu’elle n ‘a plus quitté pendant 16 semaines.

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Si les scripts des Matrix vous collaient déjà une migraine carabinée, doublez la dose d’aspirine avec Everything… L’intrigue suit le destin d’Evelyn Wang (Michelle Yeoh), immigrée chinoise en Californie, responsable avec son mari Waymond (Ke Huy Quan) d’un business de laverie automatique aussi rasoir que l’est become sa vie conjugale. À couteaux tiredes avec sa fille lesbienne Joy (Stephanie Hsu), stressedée par son rendezvous avec une contrôleuse fiscale acariâtre (Jamie Lee Curtis, enlaidie comme jamais), Evelyn va devoir gérer une nouvelle petite contrariété : dans l’ascenseur de l’ hôtel des impôts, une version alternative de Waymond surgit pour lui apprendre qu’elle seule a le pouvoir de sauver le multivers, menaced par un fleau omniscient et omnipotent.

Souvent épuisant, mais aussi étonnaire, drôle et innovant, EEAAO a le défaut de ses qualités : trop, tout le temps, trop vite. Les références métaculturelles fusent, les clins d’œil philo-chic se bousculent, les tons fusionnent dans une sarabande infernale. L’absurde potache, voire grivois, est aussi du voyage. Un ovni, he vous dit!

« Everything Everywhere All at Once », by Dan Kwan et Daniel Scheinert. Sortie en salle le 31 août.

S’envoler avec les boucles musicales de Uto

Attention, sing the musical! Le duo français Uto s’est retranché dans une cabane-studio en plein Loiret, près du château d’Augerville où le député Pierre-Antoine Berryer organisait au XIXE siècle des fêtes to which son ami Chateaubriand participated et qui fut plus tard un laboratoire de fabrication cocaïne, pour engraver son premier album, Touch the Lock. Douze chansons natures, organiques, aux boucles aériennes enfiévrées et aux mélodies sensuelles. Une pop souvent symphonique qui évoque parfois l’album Biophilia de Björk et le trip hop de Portishead. Voilà six ans que Neysa May Barnett et Emile Larroche égrenaient de belles chansons sur des EP, comme That Itch etc The Beast. Their premier opus consecrate leur talent de composers, avec des titres qui expriment la pesanteur (Heavy metal etc Délaisse) et la douceur (Behind Windows). Touch the Lock est une matriochka surprenante qui recèle des couleurs hypnotiques et de fortes émotions intérieures. Une ode qui caresse l’oreille dès les premières mesures.

Touch the Lock, InFiné & Pain Surprises/Bigwax. On tour: Caen (30/09/2022), Strasbourg (30/10), Massy (05/11), Nantes (17/11), Rennes (18/11)

Fermer à clé la porte des infers

Lock & Key est un petit bijou de série gothic et pop, façonné pour un public adolescente, mais auquel on met au défi les adultes de ne pas devenir accro dès le premier épisode. Son pitch : une famille américaine, les Locke, a hérité d’un manoir campé sur les hauteurs d’une petite ville portuaire américaine. Après la mort brutale du père, la mère et les trois enfants ont pris leurs quartiers dans cette vieille maison de famille… avant de découvrier que leur « Key House » regorge de clés aux pouvoirs délirants (rendre leur propriétaire ultra-musclé, le faire voler , le transformer en fantôme…) et, pour certains, redoutables. Au fil des deux premières saisons, ils ont découvert que ces clés provenaient d’un « autre monde » peuplé de démons, qui lorgnent sur les dangereux pouvoirs des clés. Et beaucoup de leurs amis ont sacrifié leurs vies au gré des affrontements. Dans cette troisième saison, moins « teen » et plus introspective, moins trash et plus mélancolique que les deux précedes, la famille Locke pursues sa chasse aux clés et se pose (enfin) la vraie question : doivent-ils, ou non, jeter le trousseau et renouncer à la magie pour chasser leurs vieux démons – qui n’ont pas dit leur dernier mot…

Sur Netflix

Prendre son Visa pour l’Image à Perpignan

Boucle 10sec 03_1 from JEAN FRANCOIS LEROY on Vimeo.

Il ya des années, celles de la guerre en Ukraine, du retour des talibans en Afghanistan, notably… où l’on se dit plus intensément encore que, sans photojournalisme, il nous manquerait décidement quelque chose. Alors le désir se fait plus grand de partager l’état du monde avec ceux qui le sillonnent parfois au péril de leur vie. C’est ainsi que depuis 2014, vingt journalists ont été tués en Ukraine. Lauréat du visa d’or de la ville de Perpignan Rémi Ochlik 2022, Lucas Barioulet témoigne, à Perpignan, de ce quotidien. Tout comme son frère Daniel Berehulak, et encore Mstyslav Chernov et Evgeniy Maloletka, derniers journalists à avoir photographié l’enfer de Marioupol. Le rendez-vous 2022 de Visa pour l’image s’ouvre bien entendu sur d’autres lieux et thématiques. Plus près, il donne à voir les reportages d’Ameer al-Doymy sur les migrants du nord de la France. Les femmes d’Amérique latine imprisonnées, vues par une femme? Here are the magnificent photos of Ana Maria Arevalo Gosen. While Sabiha Cimen, elle, suit le quotidien des Hafizas, celles qui en Turquie connairent le Coran par cœur. Des océans aux espèces d’oiseaux en voie d’extinction, des pilules vendues sur les trottoirs haïtiens que racontent les images de Paolo Woods aux avions de brousse de l’Alaska, le spectre est immense, passionate, poignant. On rencontrera cette année la photographe Françoise Huguier, 40 ans de carrière et une insatiable curiosité, dans cette 34E édition, à ne pas manquer, même si ce n’est « que » par site Internet interposé…

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Visa pour l’image, Perpignan, jusqu’au 11 septembre.


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