Les entreprises bretonnes face aux prix de l’énergie : « On va vers une catastrophe industrielle ! » – Economy



« On va vers une catastrophe industrielle si le gouvernement ne fait rien ». Dirigeante de Silvadec, à Arzal (56), une entreprise spécialisée dans la production de lames en composites, Bénédicte Jézéquel ne cache pas son inquietue.

L'entreprise Silvadec, à Arzal (56).
L’entreprise Silvadec, à Arzal (56). (Photo Silvadec)

À 150 km de là, en bordure de rocade de Saint-Brieuc, les fours de la fonderie chauffent de vieilles ferrailles pour les transformer en pièces d’sure utilisés dans les carrières. Reprise il ya quatre ans par ses cadres, Saint-Brieuc fonderie (une centaine de salariés) pourrait être stoppée dans son élan par la flambée du prix de l’énergie.

L’activité, fortement consummatrice de gaz et d’électricité, sera pénalisée à partir du 1er janvier, s’inquiète Patrick Ducatillon, son directeur général. Comme pour Silvadec, le montant de sa facture d’électricité va être multiplié par quatre.

Les hausmes sont parfois tellement significatives qu’elles represent le montant des marges annuelles.

La consequence d’un marché mondial destabilisé par la reprise économique, il ya un an, puis par la war en Ukraine. Mais pas seulement. Les entreprises françaises craignent, en cette fin d’été, de ne pas avoir la possibilité d’être compétitives. « En un an, le prix wholesale du MWH pour la France est passé de 82 à 800 euros. Et l’offre pour novembre est aujourd’hui à 1,200 euros », confirms Nicolas Leclerc, co-founder of Omnegy, spécialisé dans l’accompagnement des entreprises et collectivités dans la négotiation des contrats d’énergie. À ce prix-là, David Duval, le directeur délégue de l’Union des industriels de la métallurgie, en Bretagne, se dit inquiet : « Les hausmes sont parfois tellement significatifs qu’elles représent le amountant des marges annuelles. »

Le redémarrage du nucléaire en question

L’annonce, par EDF, d’un retard dans le démarrage de quatre réacteurs nucléaires confirme la fear des analysts. Leur confiance, toute relative, dans les prévisions de reprise de la production nucléaire pour l’hiver explique, en partie, cette hausse accentuateée par la montée du dollar face à l’euro.

Une crainte qui s’ajoute à la menace de pénurie de gaz cet winter, énergie sur laquelle est indexé le prix de l’électricité,

Le rapport annuel de RTE sur la sécurité des approvisionements, dont la publication est attendue au mois de septembre, pourrait apaiser leurs craintes. Ou les confirmer en dépit des déclarations du gouvernement sur le remplissage des stocks de gaz. Le cours du gas à Rotterdam en témoigne, selon Jacques Percebois, le directeur du center de recherche en économie et droit de l’énergie de l’Université de Montpellier : « It is equivalent to a barrel of 500 dollars ».

« Il ya un risque pour la perennité de l’entreprise »

Dans ces conditions, les entreprises investies dans la voie des économies d’énergie auront un temps d’avance. Saint-Brieuc Fonderie engages ainsi 300,000 euros pour placer des brûleurs autorécupérateurs sur ses fours de traitement thermique et réduire sa consommation de gaz. « Mais on n’aura pas le temps, d’ici à la fin de l’année, de mettre des investissements plus lourds en place ». Le prix de l’électricité, faute de bouclier tarifaire, devrait être multiplié par quinze, cet hiver.

Samedi, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, a dit vouloir simplifier l’accès à un fonds de trois milliards d’euros. Les patrons s’inquiètent malgré tout. « Il ya un risque pour la perennité de l’entreprise », alerte le directeur général de la fonderie, incapable de dire s’il sera en mesure de répercuter la hausse du cost de l’énergie à ses clients, face à des competitors moins concerned.

Du chômage partiel, cet hiver?

Face à cette situation, Bénédicte Jézéquel confie être en train de préparer un dossier de chômage partiel. Patrick Ducatillon y réfléchit également : « Quand ce sera trop cher, on ne travaillera pas. »

L'entreprise Silvadec est spécialisée dans la production de lames en composites.
L’entreprise Silvadec est spécialisée dans la production de lames en composites. (Photo Silvadec)

The current situation is totally crazy. Par la force des choses, il n’y aura plus de commandes quand les prix seront trop eléfêt pour nos clients agriculteurs.

Un arrêt d’activité que Myriam Emily n’envisage pas. La directrice générale des remorques Rolland – 250 emplois à Tréflévénez (29) – entend honorer son carnet de commandes, malgré une facture en hausse de 50%. L’entreprise pensait être couverte mais doit, au final, faire face aux fluctuations du marché. « The current situation is totally crazy. Par la force des choses, il n’y aura plus de commandes quand les prix seront trop eléfêt pour nos clients agriculteurs. »

Quelle autre solution? « Revenir sur des tarifs type régulé pour les petites entreprises », conseille Nicolas Leclerc. ?Pour les autres, une pause dans la production pourrait s’avérer la seule solution. À moins que le gouvernement ne prenne de nouvelles mesures.

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