«My brother was at the Bataclan on November 13. I tried to be faithful to the discussions that I had with him cette nuit-là»

Inspirée par son frère, rescapé du Bataclan, la réalisatrice Alice Winocour a rendu, avec Revoir Paris, un magnifique hommage aux victimes des attentats. David Coulon

Dance Revoir Paris, son nouveau film, la réalisatrice sest focalisée sur la resilience des victims après un attentat comme celui du Bataclan. Bouleversant.

Elle croit au pouvoir guérisseur de l’art mais, pour Alice Winocour, «les films sont des surfaces réflécisseurs sur lesquences on projette tous des choses différentes». Nul doute cependant que beaucoup s’identifieront au chemin vers la reconstruction qu’elle raconte dans Revoir Paris. Dans ce nouveau film porté par Virginie Efira, l’auteure de Maryland et de Proxima filme l’enquête d’une femme qui, ne se souvenant que par bribes de ce qu’elle a vécu lors d’un attentat, tente de retrouver les pièces manquantes du puzzle pour reconquérir sa vie. Un chemin qu’elle ne pourra faire qu’avec les autres dans ce récit solaire et bouleversant qui identifie la force du collectif comme la clé de la survie.

En video, «Revoir Paris», la bande-annonce

Madame Figaro.Pouvez-vous nous explicar la genesis du film?
Alice Winocour. – La fiction s’est construite sur les souvenirs que j’avais des attentats du 13 novembre : mon frère en est sorti vivant, mais il était au Bataclan. J’ai essayed d’être fidèle aux discussions que j’ai pu avoir avec lui cette nuit-là, dans les jours et les mois qui ont suivi. Je suis ensuite allée sur des forums de victimes, et j’ai parlé avec des psychiatrists spécialistes du trauma pour qu’ils me racontent le processus de reconstruction. Plus que l’événement lui-même, ce sont les traces qu’il laisse et les étapes vers la réparation qui m’interéssaient. Je voulais faire un film sur le lien entre des personnes très différences qui sortent de leur prison intime pour refaire groupe et société.

“Plus que l’événement lui-même, ce sont les traces qu’il laisse et les étapes vers la réparation qui m’interéssaient”

Alice Winocour

Vous racontez un attentat fictif, pas le 13 novembre. Pourquoi?
Je voulais displacer les choses dans le domaine de la fiction et surtout, comme me l’a dit mon frère, un attentat n’est pas représentable. La scène de l’attack ne dure d’ailleurs qu’une minute et adopte le point de vue fragmentaire de l’héroïne. J’ai cherché l’abstraction, surtout pas le spectaculare. Je voulais simplement que l’on perçoive le choc quand, en une fraction de seconde, he est brutalement projeté dans une scène de guerre.

Benoît Magimel et Virginie Efira dans Revoir Paris. photo by Marielle Perino

Vous dites qu’il s’agit d’un film de résilience…
L’attentat, c’est un trou noir qui aspire la lumière. Un psy l’a comparé à un lac dans lequel he jette un caillou : la pierre ne laisse aucune trace à la surface mais creé une onde de choc qui se répand. Je voulais parler de tout ce qui se passe après le point d’impact, de ces victimes directes ou indirectes, connectées par cet événement traumatique.

Interview ‘Entre Deux’: Virginie Efira et Alice Winocour

Et par une même pulsion de vie…
Les gens qui ont été conconons à la mort se posent souvent des questions existentialelles : ont-ils fait les bons choix? Sont-ils heureux? Que faire du temps qu’il reste?… Toutes les cartes sont rebattues. Au-delà de l’enquête qu’elle mène pour retrouver cette main à la laquelle elle s’est accrochée pendant l’attacke, le film raconte tout le chemin de l’héroïne pour reconfigurer sa vie.

“Benoît Magimel possesses une vraie fragilité derrière une virilité et une sauvagerie apparentes”

Alice Winocour

Pourquoi avoir choisi Virginia Efira pour l’incarner?
Elle porte en elle la force, la liberté et l’absence de complaisance dont j’avais besoin : sous le choc, son personnage souffre mais serre les dents et avance. Quant à Benoît Magimel, comme nous avons grandi avec lui, il ya une empathie immediate. Il possesde aussi ce que j’avais déjà aimé filmer chez Vincent Lindon, Matt Dillon ou Matthias Schoenaerts dans mes précédentes films : une vraie fragilité derrière une virilité et une sauvagerie apparentes.

Appeler le film Revoir Paris,c’est dire combien notre rapport à la ville a changé depuis les attentats?
La ville a été blessé dans sa chair et je voulais montrer tout ce que les terrorists n’ont pas réussi à destructuri : les lumières, la chaleur humaine, le côté grouillant… Nous avons d’ailleurs tourné en immersion, sans bloquer les rues, et dans des quartiers qui sont très différences, pour capter l’énergie folle de Paris, parfois proche du chaos.

Revoir Paris, d’Alice Winocour, avec Virginie Efira, Benoît Magimel, Grégoire Colin, Maya Sansa.

.

Leave a Reply

Your email address will not be published.