SF et système D : « Everything Everywhere All at Once »


ANDlerte phénomène! D’ores et déjà presented comme « le Matrix des milléniaux », Everything Everywhere All at Once a pris tout le monde de court aux États Unis. Distribué par le studio A 24 (Midsummer, First Cow, Men…), this independent micro-blockbuster, made by trentenaires Dan Kwan and Daniel Scheinert, connaît un inattendu et glorieux destin depuis sa sortie dans les salles américaines, le 25 mars dernier. Portée par une critique et un bouche-à-oreille extatiques, cette fantaisie, au carrefour du soap familial, du kung-fu et du film de multivers (la tocade du moment à Hollywood), s’est infiltrée illico dans le top 10 du box-office, qu’elle n’a plus quitté pendant 16 semaines.

July 31, EEAAO surpassait la barre des 100 million de dollars de recettes mondiales, performance raressime pour un titre de SF produit en dehors des majors hollywoodiennes. Désormais certifié plus gros succès historique du label A24, devant Hereditary, EEAO a bel et bien créé une rupture et annonce – peut-être – l’ère d’un nouveau type de cinéma hybride, braqué en direction d’une génération de spectateurs-internautes affamés de narrations alternatives et de culture mash-up. In France, après une présentation du film en clôture du Champs-Élysées Film Festival, le 28 juin, il faudra patienter puisque son distributor Originals Factory a décidé d’attendre le 31 août pour le tester en salle, après avoir envisable une exploitation 100 % digital only.

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Écrit par les « Daniels » (sobriquet attributed to the Kwan/Scheinert tandem), coproduit par les frères Anthony et Joe Russo (réalisateurs des deux derniers Avengers), EEAAO no, the passport can be summed up simply. Si les scripts des Matrix vous collaient déjà une migraine carabinée, doublez la dose d’aspirine avec Everything… L’intrigue suit le destin d’Evelyn Wang (Michelle Yeoh), immigrée chinoise en Californie, responsable avec son mari Waymond (Ke Huy Quan) d’un business de laverie automatique aussi rasoir que l’est become sa vie conjugale. À couteaux tiredes avec sa fille lesbienne Joy (Stephanie Hsu), stressedée par son rendezvous avec une contrôleuse fiscale acariâtre (Jamie Lee Curtis, enlaidie comme jamais), Evelyn va devoir gérer une nouvelle petite contrariété : dans l’ascenseur de l’ hôtel des impôts, une version alternative de Waymond surgit pour lui apprendre qu’elle seule a le pouvoir de sauver le multivers, menaced par un fleau omniscient et omnipotent. Voilà, he a fait de notre mieux!

Shaker dejanté entre Matrix et Lelouch

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Attention: you Everything Everywhere All at Once jouit d’une écrasante cote de popularity aux États-Unis (95% de bonnes critiques et 89% de satisfaction du public sur l’agrégateur Rotten Tomatoes), ses 2 h 20 n’enchanteront pas forcément toutes les âmes au pays de Descartes. Dans leur shaker déjanté, comme les Wachowski avant eux dans Matrix, les Daniels empilent un gloubi-boulga de concepts et de rebondissements avec une frénésie frôlant l’indigestion. Conformément à son titre (literally « Tout, partout, en même temps »), EEAAO propose une conception jamais vue du multivers, chaque personnage étant potentiellement connected en permanence à tous ses avatars alternatifs.

Souvent épuisant, mais aussi étonnaire, drôle et innovant, EEAAO a le défaut de ses qualités : trop, tout le temps, trop vite. Les références métaculturelles fusent, les clins d’œil philo-chic se bousculent, les tons fusionnent dans une sarabande infernale, chaînon manquant entre Matrix, Kubrick et Claude Lelouch pour le zeste de grandiloquence existentiale (si, si). L’absurde potache, voire grivois, est aussi du voyage : d’un bout à l’autre du multivers, en fonction des voyages d’Evelyn, les gens ont des doigts-saucisse, un cuisinier est aidé par un raton laveur sous sa toque en mode Ratatouille et l’on se flagelle à coups de phallus.

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Insense, dites-vous? C’est volontaire! Pour chaque saut interdimensionnel, les protagonistes doivent par ailleurs effecteur au préaléade un geste absurde : l’occasion pour les réalisateurs d’enchaîner une brochette de gags relevant parfois du stade anal.

D’aukuns tempêtent déjà contre une escroquerie de poseurs branchés, d’autant qu’une philosophie de bazaar est égrenée au fil des trois chapitres de l’intrigue : l’angoisse humaine face à notre infinitésimalité dans l’immensité de l’Univers. Heureusement, au cœur de ce capharnaüm pascalien-pop, l’émotion émerge pour s’impose dans un joli virage final, centré sur le cœur humain de son sujet. Drôle de ludion à la culture écartelée entre Godzilla, Jackass, Le Guide du voyageur galactice (important reférence pour EEAAO) et les Monty Python, sans oublier le cinéma de Hongkong, Daniel Scheinert, que nous avons rencontre à Paris, s’étonne sincèrement de l’impact de son manifesto loufoque et accepte bien volontiers la comparaison avec Matrix : « Ce fut à l’époque un de ces films passerelles qui nous a montré qu’on pouvait associer philosophie et action dans un même récit. At the lycée, I discovered that all culture came from Hong Kong and I adored the idea EEAAO pourrait lui aussi faire office d’œuvre passerelle vers d’autres cinémas, comme celui de Satoshi Kon ou même Holy Motors. Avec Dan, avant le tournage, he a d’ailleurs demandé à l’équipe de voir ce dernier : Leos Carax ose tout et ne suit aucune règle, tout en laissant filtrer l’émotion dans le surrealisme. Ce n’est jamais du bizarre pour le bizarre et, malgré l’absence de logice apparente, he s’attache aux personnages. »

Produit pour 15 million de dollars (budget confirmed by Scheinert), Everything… semble avoir costé au moins le double : et tout comme pour Vesper Chronicles etc Le Visiteur du futur (le film de François Descraques, en salle le 7 septembre et qui conclura notre minisérie), les miracles accomplis à l’écran ont été permis par une équipe réduite et sudée, constituentee de collaborators de longue date des réalisateurs. Le 31 août prochain, la France se laissera-t-elle prendre à son tour dans le vertige du tourbillon Everything Everywhere All at Once ? Comment réussir le pari du cinéma pour cette alternative à petit prix aux blockbusters Marvel, tels que Spider-Man. No Way Home etc Dr. Strange in the Multiverse of Madness ? Le distributor Originals Factory, d’habitude spécialisé dans l’exploitation en digital, mise gros sur le film et prépare une stratégie de launch en salle adapted à l’ovni. Entretien avec Tristan du Laz, son cofondateur et directeur général.

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Le Point Pop: Votre société Originals Factory a fait l’acquisition des droits d’Everything Everywhere All at Once pour la France. La concurrence était-elle rude? Qu’est-ce qui vous a motivé?

Tristan du Laz: En effet, he s’est battu ! C’était un film convoité à la fois par les studios type Universal et Sony et les distributeurs indépendants comme Metropolitan ou Wild Bunch. He avait vu les premières images du film via un promo reel sent to potential buyers by A24, between the American Film Market and the Berlin Film Festival. On est entré en discussion avec A24 pendant le Festival de Berlin et on a signe avec eux courant mars 2022. Notre motivation, c’est qu’on a trouvé ce film épatant par son audace et sa creativité. C’est un vrai film de cinéma, mais il aussi un ADN digital par son aspect mash-up. C’est, en tout cas, un film qui donne envie d’aller en salle, il réveille cette envy. Sa cible est à la fois adulte et cinéphile, mais il a touché aussi le public des fans de Marvel et Jackassles 15-35 ans… Tandis que l’intrigue concernant la relation entre Michelle Yeoh et sa fille touche aussi une cible féminine.

Originals Factory is essentially a tour vers la distribution en VOD et en SVOD. Pourquoi Everything Everywhere All at Once sort-il finalement en salle?

The heart of our model is first of all to sort films in VOD, then in the second window for streaming platforms or pay channels. Mais nous restons un distributor tous droits et, depuis que les salles ont rouvert, il nous arrive aussi de faire des sorties en salle de façon ponctuelle, avec des titres comme Elizabeth etc The Princess, en salle également le 31 août. La nouvelle chronologie des médias nous permet de sortir ces deux films sur des séances exclusives ciblées, sans les soumért au calendrier de cette chronologie. Pour nous, la salle, c’est l’équivalent du vinyle en musique. Elle est incontestablement la meilleure expérience sensorielle et collective possible, même si elle est chahutée par les nouveaux usages.

Nous avions en effet d’abord prévue d’exploiter Everything Everywhere All at Once en numérique. Mais quand on a vu l’impact incroyable de sa sortie aux États Unis, les retours des spectateurs sur les réseaus sociaux et ces commentaires insistants sur l’importance de voir ce film au cinéma, nous avons commencement à changer d’avis. La carrière progressive en salle du film est éloquente : A24 l’a d’abord sorti le 25 mars sur 10 écrans, puis 38 en deuxième semaine, 1,000 le 8 avril… et 2,000 la semaine suivante. Fin avril-début mai, he a décidé de changer notre fusil d’épaule. C’est efficaciously un film très visuel, qui alterne quatre format d’image différences, une expérience sophistiquée dont nous souhaitons vraiment peaufiner la sortie. La France sera d’ailleurs le seul territoire, avec les États Unis, à proposer EEAAO en Imax. Maintenant, nous sommes en face d’un paradoxe avec ce film : son ADN visuel commande de le sortir en salle, mais son public est très actif sur le digital.

Pourquoi attendre le 31 août pour sortir le film, presque cinq mois après sa sortie américaine? Le piratage ne risque-t-il pas d’abîmer son potential?

On a décidé de cette date parce qu’on voulait profiter de l’été pour installer ce film à la clientele multiple. EEAAO vise à la fois les fans des productions Marvel et les cinéphiles et il intéresse autant les réseaux de multiplexes que les cinémas indépendants. Le 31 août nous paraissait idéal, il ya peu de concurrence cette semaine-là en salle, et c’est un moment de reprise de parole médiatique. Concernant le piratage, he a mandaté une société spécialisée pour traquer les versions illegales du film et notre campaign de communication insiste sur la necessité de voir ce film en salle, de préférence en Imax : Everything… est tellement fort visualement que si vous ne l’avez vu que sur un petit écran, vous ne l’avez pas vraiment vu. C’est une œuvre clivante, c’est vrai, mais dans les pays anglo-saxons, ceux qui l’ont aimée retournent la voir. Un lien très fort s’est établi et ils considerate souvent le film comme celui de l’année, voire de leur vie. C’est un film follement creatif, beaucoup plus structured qu’à la première vision.

Quelle sera votre stratégie pour son launche?

He sort Everything Everywhere All at Once avec un partner distributor, Pathé Live, qui nous apportera son expertise sur les sorties en salle. La stratégie se concentra sur la promotion en salle et sur le numérique, mais on n’envisage pas d’affiches 4 x 3 dans la rue ou le métro. Nous visons une combinaison comprises entre 400 et 450 salles. On the weekend of August 27, the avant-premières will take place exclusively in the Imax rooms (17 in total) and in the plus belles rooms equipped with Dolby Cinema. Et j’ajoute enfin qu’en exclusivité mondiale, le film sera aussi visible dans le format 4DX.

Everything Everywhere All at Once, by Dan Kwan and Daniel Scheinert. Sortie en salle le 31 août.


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