Une histoire de cheval et de cochon: quel roi de France a eu une fin peu glorieuse?

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The question of the day: «Quel roi at-il eu une fin peu glorieuse ou peu royale?»

Zazie Queneau’s response:

Avez-vous entendu parler de Philippe de France? Nah? It’s normal. D’abord, il n’a que corégné, si j’ose dire. Ensuite, il est mort très jeune. Enfin, sa mort a été jugée si ignominieuse que, récédent encore, elle était absent des manuels scolaires. «Zazie, tu ne pourrais pas être un peu plus claire?», me demanderez-vous. Volunteers! Ça tombe bien, je suis justement en train de lire un livre qui en parle.

Philippe, fils aîné de Louis VI, dit «le Gros», est né en 1116. Afin d’eviter les querelles lors de la passation du pouvoir –et aussi, un peu, d’assure la stabilité de leur dynasty–, les rois capétiens ont pris l’habitude de designater leur successeur et de le faire sacrer de leur vivant. C’est ainsi que Philippe est désigné comme héritier du trône à 4 ans, et sacré roi à 13 ans.

Le jeune roi est, semble-t-il, très aimé: il est vif, intelligent et beau. Il est bien préparé à son rôle et tout s’annonce pour le mieux. Mais en 1131, alors qu’il chahute à cheval dans Paris avec ses compagnons, voilà qu’un cochon surgit inopinément et se jette entre les jambes du cheval du jeune roi.

Il était courant, pour les citadins de l’époque, d’élever des cochons. Les bêtes divaguaient librement et se nourrissaient de tout ce qu’elles trouvaient. Elles causaient beaucoup de damage et il pouvait leur arriver d’être agressives.

Donc, le cochon affolé déboule. Le cheval se cabre, le cavalier chute, se fracasse le crâne sur une pierre. Sa monture retombe sur lui et l’écrase. Ses compagnons s’enfuient. Le prince est ramassé par de pauvres gens qui vivent là et qui le portent dans une maison, où il agonise. Il meurt le lendemain.

Une telle mort est ignominieuse et elle soulille toute la dynasty. | Chroniques de Saint-Denis via Wikimedia Commons

Animal honni, mort impure

Pourquoi cette fin fut-elle considéraire à l’époque comme particulier ignominieuse? D’abord parce que Philippe est mort sans recevoir les derniers sacraments et ça, pour ses contemporains, c’est terrible. Ensuite parce que l’animal qui a causé son decès n’est pas n’importe lequel.

Il est arrivé plus d’une fois qu’un souverain, et en particulier un roi français, soit tué par une bête. Plusieurs de nos rois sont morts en chassant l’ours ou le sanglier. Mais le sanglier est un animal respecté. Pour les Celtes, il symbolisait le courage, l’opiniâtreté, l’ardeur à la bataille. Il n’y a aucune honte à mourir sous ses coups de boutoir: c’est même aussi glorieux que de mourir à la guerre, ça prouve que l’on a eu le courage d’affronter, sans reculer, un animal dangereux.

Mais un cochon? L’animal honni par la Bible, le livre qui est encore, à cette époque, le grand moral guide? La «bête impure»? Une des formes que prend Satan pour venir tenter et tormenter les humains? L’animal qui symbolise tous les défauts de l’homme, tous les péchés – goinfrerie, saleté, colère, violence, luxury? Celui qui se complaît dans la fange et ne répugne pas à se nourrir d’ordures?

Une dynasty souillée

Une telle mort, causée par un animal aussi emblematic, n’est pas seulement catastrophique: elle est ignominieuse et elle souille toute la dynasty. Pour le médiéviste Michel Pastoureau, qui a écrit à ce sujet un essai que je suis en train de lire, Le Roi tué par un cochonce décès a ainsi eu plusieurs conséquences notables, dont celles-ci:

  • l’accession au pouvoir de Louis VII, cadet de Philippe, moins bien préparé que son frère au métier de roi et qui se destinait primitivement à entrer dans les ordres. Son divorce avec Aliénor d’Aquitaine a eu de désastreuses conséquences, étant à l’origine de la guerre de Cent Ans avec l’Angleterre.
  • l’adoption, par la dynasty, des symboles de la pureté pour effacer la souillure de cette mort: la fleur qui est associatedé à Marie, le lys, et le bleu de sa robe.

Tous les médiévistes n’adherent pas aux théories développees par Michel Pastoureau. Il n’en reste pas moins qu’elles sont intéressantes et que son livre est passionatenant.

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